Paroles d’expert - Manager 3.0 : nouvelle mode ou nouvel enjeu ?

Publié le : 23/02/2018

La 11ème édition du Salon PRODURABLE en avril prochain s’intéressera aux nombreuses mutations du travail dans le cadre de son side event « NewWork ». Parmi elles, le management, qui doit permettre de réaliser les objectifs business de l’entreprise et, en même temps, donner les garanties que ceux-ci ont été obtenus dans de « bonnes » conditions. Un nouvel enjeu incontournable auquel CEGOS propose d’apporter des éléments de compréhension et d’action lors d’un échange le jeudi 5 avril.

Florence Gillet-Goinard est en charge de l’Executive Mastère Spécialisé Management Global de la RSE et du Développement Durable, réalisé en collaboration entre Cegos et MINES ParisTech. Au-delà du temps qu’elle consacre à cette formation diplômante destinée aux cadres, Florence est Manager de l’offre de formation QSSE chez Cegos et auteure d’une bibliographie qui fait référence sur le sujet.

Elle sera l’une des intervenantes de la conférence « Manager 3.0 : comment changer l'entreprise en changeant son mode de management ? » qui se tiendra le jeudi 5 avril prochain lors du Salon PRODURABLE.

 

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À l’occasion du salon PRODURABLE, en avril prochain, vous aller présenter le « Manager 3.0 ». Mais qui étaient les 1.0 et les 2.0 ?

FGG: Le Manager 1.0, était celui qui se plaçait dans un rôle purement hiérarchique et qui assignait des objectifs sans état d’âme. Le 2.0 était plus participatif et a commencé à mieux écouter ses collaborateurs. Le Manager 3.0 a bouleversé ses références, en prenant en compte l’impact de ses décisions dans le futur : sur les personnes, sur l’environnement et sur l’ensemble des responsabilités sociétales de l’entreprise qu’il représente. En résumé, il ne s’agit pas de tourner le dos aux indicateurs de performances business, mais de se demander comment les équipes les ont atteintes.

Mais pourquoi changer l’entreprise ?

FGG: Parce que tout a changé autour de l’entreprise ! Des choses aussi importantes que le dérèglement climatique -et les impacts environnementaux en général-, le besoin de qualité de vie au travail des collaborateurs, les nouvelles générations qui ont développé un autre rapport au travail et à l’entreprise, les parties prenantes qui demandent des comptes, etc. L’organisation doit savoir répondre à ces sollicitations et ces questionnements, qui constituent autant d’enjeux clés. Sous peine de ne plus attirer les talents.

Dans ce contexte, les managers ne peuvent plus être réduits au simple rôle de reporting, mais bien d’être en capacité d’expliquer les choses, de donner du sens. Finalement, de s’inscrire dans une démarche plus collaborative que hiérarchique. C’est une évolution majeure de cette fonction.

Justement, comment accompagner et former les managers actuels et futurs à ces nouvelles exigences ?

FGG : Il faut d’abord que Direction et Managers prennent conscience de ce besoin nouveau de management. Et accepter de changer. Changer, c’est introduire le qualitatif dans l’évaluation des résultats. Bien sûr, les performances comptent, les succès sont importants. Mais que vaut un succès si la façon dont il a été emporté aura coûté sur les plans humain ou environnemental ?

Je me souviens de cette DRH d’un grand groupe qui avait demandé à ses managers comment ils valorisaient le travail de leurs collaborateurs et n’avait reçu qu’un silence gêné en guise de réponse. Ce temps est révolu. L’entreprise doit désormais démontrer la façon dont elle manage ses équipes. Ce n’est pas une mode, mais bien une nécessité pour créer de la valeur. Il en va de la capacité de l’entreprise à trouver de la main d’œuvre !

Vous allez co-organiser la « Soirée rencontres et enjeux de la RSE » le 4 juin prochain. Que va-t-il se passer ?

FGG : Nous souhaitons récompenser et mettre en lumière celles et ceux qui ont réussi à faire changer l’entreprise ! Avec un prix « Collaboratif » qui récompensera l’entreprise qui aura su mobiliser un maximum de personnes, à la fois en interne et en externe, dans le cadre d’une démarche RSE. Un prix « Équilibre » pour celles qui ont réussi l’équilibre entre les résultats financiers, environnementaux et sociaux. Enfin un prix « Audace » destiné aux projets d’envergure.

Pour finir, dites-nous à quoi ressemblera l’entreprise de demain ?

FGG : [souriant] Autorisez-moi un peu d’utopie ! Demain l’entreprise sera un endroit dans lequel tout le monde aura le sourire : collaborateurs, actionnaires, clients et parties prenantes. Après les entreprises libérées, les entreprises souriantes !

 

Propos recueillis le 15 février 2018.