Et si l’on jouait en entreprise ?

Jacques IsoréConsultant formateur

Les gens aiment jouer mais qu'en est-il du jeu en entreprise ? Autour de nous, beaucoup de personnes jouent : au loto, au tiercé ; toutes les chaines de télévision ont leurs programmes de jeux. La première catégorie d’applis chargée sur les smartphones et les tablettes est celle des jeux. Le weekend, entre amis, on joue, en famille aussi on joue. créativité. Libérant notre énergie, notre dynamisme, la voie est ouverte à une certaine forme d’agilité mentale et physique.

L'entreprise joue-t-elle ?

D’une certaine façon, l’entreprise joue aussi. Conquérir un nouveau marché, fabriquer un nouveau produit, reprendre une part de marché ou afficher une belle progression, laissant le concurrent loin derrière, sont bien des sortes de jeux. Quelquefois, elle organise des tournois, des concours, elle nous invite à relever des défis, à conquérir des territoires, à réaliser des projets.

Et si l’on jouait en entreprise ?

Pourquoi aimons-nous jouer ?

Quand on s’implique dans un jeu, on se donne la possibilité d’explorer ses propres potentiels, d’expérimenter des techniques, des méthodes. En développant notre capacité à s’adapter, en aiguisant notre sens de la stratégie et de l’anticipation, la plupart des situations ludiques nous conduisent à nous concentrer sur un objectif tout en faisant appel à notre créativité. Libérant notre énergie, notre dynamisme, la voie est ouverte à une certaine forme d’agilité mentale et physique.

Le jeu induit toujours une responsabilisation du participant, une prise de risques parfois dans ses prises de décision, l’amenant à plus d’analyse, plus de tactique quand il se retrouve face au score, aux résultats qu’il obtient. S’il est collectif, le jeu développe bien sûr la collaboration, l’échange, le partage.

Les limites du jeu

Bien entendu, on s’arrête de jouer …

  • Quand on perd tout le temps ou que l’on s’aperçoit qu’on n’a aucune chance de gagner
  • Quand on ne comprend pas les règles du jeu ou si elles changent en cours de route
  • S’il existe des rôles cachés ou des alliances dont on se sent exclu
  • Si les enjeux deviennent trop forts, voire vitaux
  • Quand il n’y a plus de visibilité ni sur les résultats ni sur sa propre action
  • Dans les cas où les partenaires dérivent vers des jeux pervers du type Persécuteur, Sauveur, Victime. (voir nos précédents billets)

Trois exemples de jeux mis en œuvre dans un grand magasin

1/ L'intégration d’un nouveau collaborateur

Le premier jour, un nouveau vendeur se voit attribuer un support (feuille, tablette, carnet…) sur lequel il devra répondre à des questions. Alternant des sujets de fond, de forme, de procédure, de découverte, le carnet est un guide l’amenant à se déplacer pour chercher les réponses. Voici quelques unes des questions :

- Quels sont les produits en promotion aujourd’hui au rayon jouets ?
- Quelle est la fonction d’Émilie Martin ?
- Une cliente veut échanger un des articles de votre rayon acheté la veille contre un produit d’un autre rayon. Que faites-vous ?
- Où se trouve le service Relations clients ?
- Un client souhaite déposer un objet encombrant en consigne, que faites-vous ?
- Quels sont les coloris et les tailles existants de la chemise référence XYZ ?
- Une cliente veut offrir un cadeau sur une liste de mariage sur laquelle ce cadeau n’est pas référencé, que faites-vous ?

Suivant un parcours tel un jeu de piste, l’arrivant est de suite mis en action et l’apprentissage se fait naturellement soit seul soit en se faisant aider. Le debrief fait ressortir les qualités de curiosité, de débrouillardise, de collaboration et apporte les éléments d’information adéquats.

2/ Émulation entre équipes

Un grand panneau est fixé à un endroit visible de tous, proche de l’entrée du personnel. Il est équipé de rails de voitures téléguidées avec un rail pour chaque secteur du magasin. Chaque matin, la voiture de chaque secteur est positionnée en fonction de sa performance cumulée de la veille.

Sur la base d’un indice de progression de chiffre d’affaires, chaque voiture avance ainsi petit à petit. L’équipe dont la voiture se situe le plus en hauteur à la fin du mois reçoit un lot.

Ce grand et beau panneau orné donne lieu à beaucoup de discussions et de rivalité joyeuse dans les équipes dans la mesure où la compétition reste ludique, le lot symbolique et que le jeu ne reste pas en permanence tous les mois de l’année.

3/ Émulation au sein d’une équipe

Lors d’une période exceptionnelle, la période de Noël par exemple, profitant de la mobilisation entraînée par l’animation, la décoration, l’affluence… le responsable d’une équipe lance un challenge. Par exemple, un chiffre d’affaires un peu difficile à atteindre à la fin de la journée ; en cas de réussite, l’équipe gagne quelque chose.

Ce challenge peut être plus concentré sur une heure, par exemple : le CA réalisé entre 17h et 18h.

Il peut aussi avoir la forme d’une réussite individuelle sur un produit, par exemple : 1 euro gagné sur chaque produit vendu dans telle référence. A la fin de la journée, chacun reçoit 5, 10, 30 euros selon sa performance.

Utilisés de façon ponctuelle, ces jeux de compétition donnent parfois lieu à un véritable enthousiasme, l’effort est immédiatement mesuré et récompensé.

Un outil de « structuration du temps »

Le jeu est souvent une mine d’interactions riches, variées et inhabituelles. Il permet à chacun de se découvrir des talents, de se remotiver pour certains, de se confronter à soi-même. Au-delà des aspects institutionnels, quand chacun a les mêmes chances de gagner, le jeu allie plaisir et accomplissement. Il offre une occasion nouvelle d’examiner les situations, de s’organiser, de décider pour améliorer ses résultats.

Et vous, à quel jeu avez-vous déjà participé ? Quel jeu avez-vous organisé pour vos équipes ?

Ecrit par
Jacques Isoré
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