Assistantes, comment collaborer avec la génération Y ?

Christine HaracheManager Offre et Expertise assistanat et assistanat de direction Cegos

La génération Y envahit les entreprises depuis plus années.

Qui sont ces jeunes ? En quoi leur rapport à  l’entreprise est-il différent de celui des générations qui les ont  précédés ? Leur grande aisance avec les technologies constitue-t-elle un risque pour le métier d’assistante ? Comment instaurer une collaboration fructueuse avec eux ?

Autant de questions auxquelles je vais m’efforcer de répondre dans ce billet.

La génération Y

Et tout d’abord, comment peut-on définir une génération ?

Selon Wikipédia, une génération est un ensemble de personnes ayant à peu près le même âge et partageant un certain nombre de pratiques et de représentations.

Appartiennent à la génération Y les personnes nées entre 1978 et 1994.

Ce sont les enfants des baby boomers, eux-mêmes nés entre la fin de la seconde guerre mondiale et le début des années soixante. Les baby boomers ont grandi pendant une longue période de croissance économique et ont vu la société s’ouvrir et se libérer.

Enfants de ces parents-là, les membres de la génération Y ont acquis auprès d’eux un goût de la liberté et une confiance en eux-mêmes et en l’avenir.

Un rapport au travail différent

On dit parfois les membres de la génération Y ennemis du travail. Ce n'est pas le cas, c’est tout simplement que pour eux, le travail n’est pas la valeur primordiale dans la vie. Ils recherchent un équilibre entre vies professionnelle, associative, privée et loisirs. Ce qui compte avant tout à leurs yeux, c’est la qualité de vie.

Ils n’ont pas la patience de leurs ainés. Ils veulent  tout de suite un travail in téressant à responsabilités et  cherchent à « grimper »  dans la voie de l’expertise, quitte à passer pour « zappeurs ».

Ils entretiennent une relation de type contractuelle avec l’entreprise. Ce qui veut dire peu de fidélité, du donnant-donnant et une faible dépendance. Ils ne sont pas attachés à leur entreprises comme leurs ainés.

Leur vision de l’organisation est horizontale et égalitariste.  Ils n’acceptent plus l’autorité et la vivent comme une intrusion abusive dans leur vie.

Les valeurs importantes pour eux au travail sont le respect de la personne et la convivialité. Leurs attentes vis-à-vis de leur encadrement portent sur l’écoute, le respect et la reconnaissance. Ils trouvent normal de bénéficier d’une attention individuelle, car ils ont été beaucoup écoutés par leurs parents.

La génération Y, une menace pour le métier d’assistante ?

Les personnes de la génération Y savent encore moins que ceux des générations précédentes ce qu’est une assistante et quel peut être son apport.

Ont- ils vraiment besoin d’une assistante ?
Parfaitement à l’aise avec les technologies, ils sont très autonomes. Très sûrs d’eux, ils semblent n’avoir besoin de personne.

D’où la nécessité pour l’assistante d’être pro-active.

Précisons que les assistantes ne voient pas toutes l’arrivée des « Y » comme une menace pour le métier, mais plutôt comme une opportunité. Je vous renvoie à ce sujet à mon article d’avril dernier sur l’enquête Radioscopie des assistantes.

Assister son manager

Votre manager est peut être lui-même un peu dépassé par ces jeunes collaborateurs. C’est le cas de beaucoup de managers, parce que les techniques habituelles de management ne fonctionnent pas bien avec les « Y ».

Il n’a pas nécessairement conscience des attentes particulières de cette génération vis-à-vis de la hiérarchie. Il peut être utile d’attirer son attention sur les besoins des « Y » :

  • Être écouté
  • Être respecté
  • Être reconnu
  • Être managé individuellement  et pas collectivement

Les « Y » attendent en outre de la convivialité dans le travail. L’assistante peut jouer un rôle important dans le domaine.  Veiller à la bonne ambiance de l’équipe, par exemple ou organiser des événements festifs.

Poser le cadre de la collaboration avec un « Y »

J’évoquais plus haut la nécessité pour l’assistante d’être proactive. Il s’agit  bien pour elle de s’affirmer dans son rôle puisque le « Y » n’a, par définition, aucune
idée de ce qu’une assistante peut apporter. C’est à vous à poser le cadre de la collaboration et à faire valoir votre apport.

Qu’est-ce qu’un jeune collaborateur peut attendre de son assistante ?

Voici quelques pistes imaginées avec les membres de l’association EUMA lors d’une conférence que j’ai tenue sur le sujet :

  • La connaissance de l’entreprise et de sa culture
  • Ce qui se fait ne se fait pas : les codes
  • Les réseaux internes
  • Lui éviter de commettre des maladresses
  • La communication interpersonnelle dans l’entreprise : un rôle d’interface, de facilitateur, voire de parrain
  • La gestion des priorités (il peut avoir tendance à prendre plus d’engagements qu’il ne peut en tenir)
  • Si le « Y » est manager, on peut l’accompagner dans ce rôle pour privilégier la satisfaction de son équipe et pour développer la relation de confiance entre le jeune manager et son équipe (d’autant plus important face à des seniors)
  • Et enfin l’assister sur ses écrits. Et notamment le sensibiliser à l’importance de la qualité des écrits et l’aider avec ses fautes de syntaxe, incorrections et impropriétés.

Comment cela se passe-t-il pour vous ? Je fais appel à vos témoignages et expériences pour nourrir la réflexion.

Christine HARACHE

Ecrit par

Christine Harache

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