Social learning : les moyens à associer à une communauté apprenante ?

Fabienne BouchutChef de projet innovation Cegos

Nous indiquions dans notre précédent billet que l’apprentissage dans une communauté apprenante s’effectue dans la durée grâce à des temps synchrones et asynchrones. Ils permettent que les échanges informels et formels façonnant l’apprentissage social (« chacun de nous ne sait ce que nous savons tous ensemble » - Euripide, dramaturge) se réalisent.

Ceci implique une dynamique systémique qui se nourrit de facilitations pour dialoguer, pour co-créer, accéder à des livrables communs et se retrouver n’importe où et à n’importe quel moment. C’est ce que nous allons détailler ci-dessous.

communauté apprenante

Des temps et des lieux de dialogues dans une communauté apprenante

L’échange entre les membres d’une communauté apprenante est finalement le premier « livrable » d’une communauté. En effet, c’est en discutant, expliquant, observant, échangeant des points de vue que chaque membre peut formaliser ses savoirs. Il peut également observer des pratiques, les « analyser », les enrichir ou non, apprendre et les utiliser dans son contexte.

Pour que ceci puisse s’entretenir dans la durée et nourrir la vie de la communauté, il est alors utile d’apporter des ressources à ce type d’apprentissage telles que :

  • Des événements synchrones et formels ainsi que des rituels. Les objectifs sont pluriels :
    • se retrouver sur des thèmes d’intérêts en lien avec la mission de la communauté
    • se voir physiquement,
    • contribuer et prendre la parole,
    • effectuer des potentielles co-productions. 

Ces événements viendront rythmer la vie de la communauté, alimenter des communications en découlant, témoigner que la communauté apprenante est fédérée et que les membres « font l’effort » de participer et d’en bénéficier. Ainsi témoigner d’une activité apprenante.

  • Des lieux appropriés à ce type d’événements : tiers lieux, espaces de co-working, espaces spécifiques au sein des organisations des membres…La disposition des salles par un aménagement adapté (en cercle, mobilier mobile, réseau wifi assuré, originalité du lieu) permettra aux membres de la communauté de se sentir « bien » dans le lieu pour dialoguer.
  • Un groupe constitué sur un réseau social favorable pour des échanges asynchrones sur des sujets d’intérêts communs ou spécifiques aux membres de la communauté d'apprenant.
  • Des possibilités de rejoindre des forums, des tchats, des wikis..

Des techniques d’animation pédagogiques propices.

Lors des temps formels, les événements en synchrone de la communauté apprenante, une dynamique d’intelligence collective repose sur des techniques d’animations pédagogiques telles que :

  • La technique de co-développement. Elle permet d'amener le groupe à produire des contenus sur des problématiques des membres. Le groupe décidera des problématique majeure à travailler en collectif, permettra à son porteur de la reformuler (temps « manchette ») pour la faire comprendre et s’embarquera dans la recherche de solutions à apporter lors du temps « consultation ». Cette méthode permet au porteur de la problématique de prendre des chemins différents pour « résoudre son problème » et au collectif d’asseoir ses convictions, benchmarker ses pratiques, s’approprier des solutions nouvelles.
  • La technique des World café inventée en 1995 par David Isaacs et Juanita Brown. Elle consiste à reproduire des conversations pour débattre d’un sujet comme dans un café et avec des ateliers tournants autour d’une personne centrale. C’est très adapté pour des séquences de brainstorming et pour exposer des convictions. La personne centrale opérera ensuite une restitution de son « café ».
  • La technique du Jigsaw. Elle est plus adaptée pour des débats sur plusieurs sujets à préciser au départ. Au cours du premier temps, 3 groupes homogènes sont constitués. Dans chaque sous-groupe sur une question dédiée au sous-groupe, les pairs donnent leur point de vue et co produisent un contenu en discutant que chaque acteur s’approprie. Ensuite, lors du second temps, 3 nouveaux sous-groupes sont constitués avec un membre de chaque sous-groupe précédent. Ces 3 nouveaux sous-groupes échangent à nouveau sur une nouvelle question adaptée au contexte et semblable pour chaque groupe. Chaque membre rapporte dans ce deuxième sous-groupe les contenus retenus dans le premier temps en sous-groupe. Ainsi, il y a un enrichissement mutuel qui augmente le degré de réflexions et connaissances de chacun.e. Une conclusion finale en grand groupe fera aboutir la fin de l’exercice collectif.

Des livrables communs

La communauté apprenante maintiendra son activité en cherchant à utiliser et produire des livrables communs.
Le Learning Community Manager entrera dans une dynamique de chef de projet pour faire aboutir ceci et le médiatiser ensuite :

  • Des livrables récurrents : compte rendus, médias, quiz, invitations, newsletters…
  • Des livrables spécifiques : livres blancs, articles de blogs, news et média spécifiques…

Il convient que ceci intègre scrupuleusement ce qui s’énoncedans les échanges pour que chaque membre se retrouve dans l’objet livré.

La vie d’une communauté apprenante est ainsi une dynamique vivantequ’il convient d’alimenter par de nouvelles idées de façon récurrente.

Ecrit par
Fabienne Bouchut
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