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Comment devenir un leader ? Vous avez peut-être déjà toutes les cartes en main, mais ce sont des idées reçues qui vous bloquent. Ces croyances sont sournoises, tenaces et peuvent conduire à des erreurs de leadership. Rétablissons la vérité sur le leadership, car vous êtes peut-être un leader qui s’ignore.
L’inné et l’acquis : voilà une grande question. Les écrits montrent que l’intérêt pour le leadership existe au moins depuis l’antiquité. Cependant, les premières recherches scientifiques sur le sujet datent de quelques décennies seulement. Ces recherches concernent plusieurs domaines : génétique, psychologie, sociologie… Soyons clairs : il n’y a pas, à ce jour, de consensus scientifique sur le caractère naturel ou contextuel du leadership. Fuyez ceux qui affirment que le leadership est 100 % inné, ou au contraire 100 % acquis.
Les études tendent à montrer que certaines caractéristiques pourraient prédisposer au leadership. Mais elles ne permettent en aucun cas de prédire quel collaborateur deviendra à coup sûr un leader. Ainsi, quel que soit votre caractère, quels que soient vos défauts et vos qualités, mettez-vous au travail ! Travaillez sur vous. Développez vos compétences. Saisissez toutes les opportunités pour mettre en pratique ce que vous avez appris. C’est ce travail qui vous permettra peut-être un jour d’être considéré comme un leader.
Un manager est un encadrant gestionnaire. C’est lui qui va donner le cadre, le respecter et le faire respecter. C'est une question de processus et de discipline.
Le leader a toujours en tête les enjeux de performance de l’organisation pour laquelle il travaille. Il sait faire preuve de responsabilité, d’exemplarité et de discipline. Il est capable de définir une vision et de la partager très clairement. Mais, les bons leaders font tomber le cadre s’ils pensent que l’organisation a quelque chose à y gagner. Ils ose les prises de risques, ils sort du cadre et accompagne les autres en dehors du cadre. C’est ce mélange de discipline et d’entrepreneuriat qui le rend inspirant. « Pour en savoir plus sur ce thème, je vous invite à lire le livre Good to great de Jim Collins. Ce livre donne à voir la différence entre manager et leader de manière claire. Et surtout, il offre une vision que je trouve excellente du grand leader, celui dit de niveau 5, humble certes, mais terriblement efficace et performant », recommande Catherine Jacquet, directrice de projet chez Cegos.
Le leadership se manifeste en situation, dans l’action. Peu importe votre fonction dans l’entreprise, votre leadership peut être perçu par vos collaborateurs ou vos collègues du fait de votre posture face aux problèmes, de votre communication, de votre équité dans le traitement de la différence, de votre force de résistance à la pression ou encore de votre capacité à innover en embarquant une équipe sans chercher à en tirer un profit personnel. Autant de conditions, en plus des 7 caractéristiques clés, qui feront qu’on vous reconnait comme tel, malgré vous !
Autre croyance à faire tomber : ce n’est pas parce que vous êtes dirigeants de votre entreprise, de votre business unit, ou tout simplement membre d’un Codir ou d’un Comex que vous êtes perçu comme un leader inspirant par les autres. Un leader n’est pas forcément un dirigeant.
Certaines organisations sont encore très pyramidales, et la hiérarchie y est prépondérante. « Ces organisations sont parfois tentées d’empêcher l’émergence de véritables leaders, parce qu’elles en ont peur. Comment ? En contrôlant et validant toutes les actions des collaborateurs, en rejetant toute idée d’amélioration si elle vient d'eux, en refusant l’accès à certaines formations, etc. », explique Catherine Jacquet, directrice de projet chez Cegos. Cette entreprise (au sens propre comme au sens figuré) est vouée à l’échec.
Votre organisation peut vous mettre des bâtons dans les roues. Elle peut vous rendre la tâche plus difficile. Mais elle ne peut pas vous empêcher de travailler sur vous. Elle ne peut donc pas vous empêcher de développer votre leadership, si tel est votre désir et votre état d'esprit.
Non, il n’existe pas un modèle de leadership. Il existe autant de leadership que de leaders. Vous ne pouvez ni modéliser ni institutionnaliser ce qui est singulier. « Une direction qui souhaite développer le leadership dans son organisation a plutôt intérêt à laisser de la place pour la différence. L’organisation doit permettre à chacun d’être soi-même au travail », préconise notre experte.
Développer son leadership, c’est une invitation à découvrir ce qui fait de soi une personne unique.

La croyance générale veut qu’un leader est propriétaire d’un territoire précis, où il, ou elle, exercerait son autorité, voire sa toute-puissance. Mais le leadership peut être partagé, surtout si on le décorrèle de la notion de management.
Par exemple, un leader peut être un jeune activiste qui fait bouger son entreprise en proposant une innovation que personne n’avait vu venir, mais que toute une cohorte d’âge attendait avec impatience. Son leadership pourra venir en complément du leadership de la personne qui lui donnera les moyens d’exprimer, tester et lancer ses nouvelles idées en se battant pour lui, sans chercher à les récupérer.
Un manager peut devoir gérer plusieurs profils de leaders parmi les membres de son équipe sans pour autant être décrédibilisé. S’il sait utiliser ces forces, poser un cadre clair et donner l’autonomie nécessaire, il peut faire équipe et démultiplier les chances de réussite commune. C’est certes difficile à manager au quotidien, mais avec un peu d’innovation managériale, il s’en sortira très bien !
Une autre question se pose dans cette recherche à tout prix du développement de son leadership : est-ce que tout le monde doit devenir leader ? Non.Les organisations doivent permettre à tous les collaborateurs de s’épanouir en étant soi-même au travail. Et elles doivent aussi accepter que certains ne veulent pas prendre le leadership au travail. Inutile de forcer ces personnes, même si on détecte chez elles un sérieux potentiel. Certains apprécient rester dans l'ombre. Certains veulent rester dans leur zone de confort. Certains préfèrent révéler leur leadership en dehors du travail, dans le cadre d’une activité sportive, culturelle, ou d’une mission associative par exemple. Ainsi, pour développer votre leadership, vous devez d’abord en avoir envie.
Un leader bienveillant est un leader aimé et juste. C’est donc une qualité essentielle mais « l’injonction à la bienveillance est parfois excessive aujourd’hui, et si on la confond avec la notion de compassion, je suis d’avis qu’il faut savoir la doser correctement, » prévient Catherine Jacquet.
Selon le dictionnaire Le Robert, la bienveillance est une "disposition favorable à l'égard de quelqu’un". Si cette disposition à l’égard d’autrui n’est pas naturelle mais répond à une injonction de bonheur au travail, elle risque de produire l’effet inverse en générant de la méfiance, voire brider notre jugement ou limiter les échanges sincères. Il ne faut pas oublier que la bienveillance est une capacité naturelle que l’on doit aussi apprendre à réguler pour rester ferme dans les situations délicates. Être bienveillant ne signifie pas être faible ou mièvre, mais savoir rester juste, ouvert à la différence et capable de prendre des décisions lorsque la situation l’exige.
Si un leader doit être capable de mettre son jugement de côté pour identifier ses propres paradoxes, ses propres représentations, et aider son entourage à faire de même. En revanche, il ne peut pas changer sa nature profonde, surtout s’il n’a jamais appris à reconnaitre la singularité de l’autre au fil de sa trajectoire vers les sommets de l’organisation. Donc la bienveillance peut s’apprendre dans le cadre de formations Soft Skills, pour améliorer ses interactions. Mais pour modifier profondément sa nature, c’est une autre histoire. Un leader charismatique est souvent quelqu’un qui sait créer de vraies relations uniques avec tous. Est-ce de la bienveillance ? Difficile de le savoir.
Est-ce que vous croyez que vous ne pouvez pas accéder au leadership parce que vous n’avez pas fait les bonnes études ? Parce que vous êtes en fin de carrière ? Parce que vous êtes jeune ? Parce que vous êtes une femme ? … Il est temps d’en finir avec les regrets !
Si vous avez des doutes, y compris celui de vous demander “suis-je un mauvais manager ?”, ils peuvent être un bon point de départ pour prendre le chemin du leadership. En effet, le socle de base du leadership, c’est le développement personnel et la connaissance de soi. « Tout ce que vous avez fait, tout ce que vous avez vécu, tout ce que vous êtes peut devenir une force pour libérer votre potentiel et faire de vous un leader… malgré vous ! », assure Catherine Jacquet, directrice de projet chez Cegos.
Les signes d’un mauvais leadership sont souvent visibles dans le fonctionnement de l’équipe : objectifs flous, décisions mal comprises, manque de communication, perte de productivité, conflits non traités, climat de confiance dégradé, désengagement ou turnover élevé.
Un mauvais management peut contribuer à un risque de burn-out lorsqu’il s’accompagne d’une surcharge durable, d’un manque de reconnaissance, d’une communication insuffisante, d’objectifs flous ou d’une absence de soutien. Le manager doit donc rester attentif au bien-être de ses collaborateurs et aux signaux de fatigue.
Se poser la question “suis-je un mauvais manager ?” est déjà un signe de remise en question. Pour progresser, il est utile de demander du feedback, d’observer l’engagement de son équipe, de vérifier la clarté des objectifs et d’identifier les erreurs de management qui reviennent le plus souvent.
Face à un manager qui ne communique pas, il peut être utile de demander des points réguliers, de reformuler les priorités attendues et de clarifier les décisions par écrit. Si le manque de communication persiste et nuit au travail, il peut être nécessaire d’en parler à un supérieur hiérarchique ou aux ressources humaines.
Opération impossible