Perte de temps : les 6 comportements les plus courants

Aurélie TachotJournaliste

Envie de mieux gérer votre temps ? L’idéal c’est de commencer par comprendre ce qui vous en fait perdre. De nombreux comportements peuvent être à l’origine de votre perte de temps. Voici les 6 plus courants qui sont aussi les plus chronophages. Et bien sûr on vous aide à vous défaire de ces mauvaises habitudes.

La demande pour se former à la gestion du temps explose depuis une dizaine d’années. Car appliquer les méthodes et outils ne suffit pas pour optimiser son temps sur le long terme. Le naturel revient souvent au galop... Et pour cause : mieux maîtriser son temps suppose d’examiner d’abord sa relation au temps. Il est nécessaire d’identifier les comportements synonymes de perte de temps.

François Délivré, spécialisé dans le coaching de dirigeants, a travaillé sur ces comportements qui nous empêchent de gérer efficacement notre temps. Les injonctions récurrentes à l’origine de ces comportements, il les nomme "des diablotins". Voici la liste de ces croyances fallacieuses (qui remontent souvent à l’enfance) et, pour chacune d’entre elles, une tactique pour les déconstruire.

Perte de temps : les comportements les plus faciles à déjouer

1. Les pros de la procrastination

Le message : « Reporte sans cesse ».

Chez les diablotins, on l’appelle le diablotin "cigale". C’est celui qui nous fait procrastiner, c’est-à-dire reporter sans cesse une tâche ou une mission à plus tard. « La croyance qui se cache derrière ce comportement, c’est de se dire qu’il est préférable de laisser murir un travail et de le reprendre demain », explique Marie-Christine Lapierre, consultance senior au sein du groupe Cegos.

L’antidote : pour contrer ce comportement, « il est intéressant de se dire qu’il vaut mieux faire une première action maintenant pour rentrer dans le sujet car ça sera moins dur après », explique notre experte. Généralement, le plus dur est de s’y mettre. Une fois lancée, la personne victime du diablotin de la cigale ne s’arrête pas et mène à terme sa mission.

2. Dire oui à toutes les sollicitations

Le message : Ils/elles se disent « Fais passer l’intérêt des autres avant le tien » ou encore « Les autres ont besoin de toi, aide-les ! »

C’est le "sois gentil" parmi les diablotins. Typiquement, l’individu abandonne ses projets dès qu’il est sollicité par les autres et bouscule ses priorités en fonction de l’agenda de ses collègues. C’est cet excès de gentillesse qui lui fait perdre du temps au quotidien.

L’antidote : pour assouplir ce comportement, « il faut se convaincre que c’est en réussissant à rendre autonome son entourage professionnel qu’il pourra grandir et apprendre », indique Marie-Christine Lapierre. Cela implique d’apprendre à dire non. Les premières fois, il est possible de le faire progressivement, par exemple en montrant la tâche à ses collègues, pour qu’ils puissent la faire seuls.

3. Travailler tout le temps

Le message : « Fais tout parfaitement ». « Pour cette personne, être normal c’est être parfait. C’est uniquement en menant parfaitement une mission qu’elle se considèrera comme professionnelle », décrit notre experte. Pas étonnant qu’il s’appelle  "Ne t’arrête" dans liste de François Livré. Généralement, cet individu travaille beaucoup, tout le temps et avec méthode. Dès qu’une tâche est achevée, il passe d’emblée à la suivante, sans profiter du succès de la précédente.

L’antidote :  Plutôt que de tout faire à 300 %, cette personne doit viser les 90 % (en réalité, elle ira au-delà). Surtout, il est intéressant de prendre conscience qu’avec le temps gagné, il peut se concentrer sur une autre tâche. Une tâche à plus forte valeur ajoutée : échanger avec son équipe ou réaliser un feedback pour un manager, avancer sur un projet de refonte pour un développeur...

Perte de temps : les 3 comportements plus préjudiciables

Les trois comportements suivants sont plus préjudiciables car parfois inconscients ou ancrés depuis très longtemps. S’en débarrasser dépend de la capacité de l’individu à accepter les changements. Quoiqu’il en soit, « il ne faut pas chercher à écraser ces diablotins, mais leur désobéir. Cela suppose de se parler à soi-même et de se rappeler à l’ordre», insiste Marie-Christine Lapierre.

4. Eviter de faire des choix

Le message : « Je n’arrive pas à choisir ». C’est souvent "ou, ou", d’où le nom de "Hibou" chez les diablotins. Car choisir, c’est renoncer. « À la fois plus difficile à repérer et plus pernicieux, ce comportement s’exprime par le sentiment qu’on risque de se tromper », explique Marie-Christine Lapierre. Lorsque cette personne a réussi à faire un choix donc à passer à l’action, cette personne cherche ensuite à s’assurer que c’était le bon choix.

L’antidote : « Se répéter, que c’est lorsqu’on ne décide pas qu’on fait une erreurqui nous empêche d’avancer, est une bonne piste», selon la consultante. Garder en tête, que renoncer c’est se donner l’opportunité d’ouvrir d’autres portes, en est une autre. Surtout, prendre conscience des conséquences de l’inaction permet d’assumer plus facilement le fait de prendre une décision.

5. Faire toujours les mêmes erreurs

Le message : « Reproduis les mêmes erreurs » ou le "36 fois la même chose" parmi les diablotins. Dans cette situation, la personne ne tire pas les leçons du passé, quelles qu’elles soient, et commet donc toujours les mêmes erreurs. Elle ne capitalise pas non plus sur ses précédents succès. « C’est l’un des diablotins les plus contre-productif car la personne a tendance à considérer que cette petite voix qu’elle entend, c’est une intuition qu’il faut l’écouter », explique Marie-Christine Lapierre, consultance senior au sein du groupe Cegos.

L’antidote : Pour se libérer de ce diablotin, prendre conscience que ces petites voix constituent des alertes est déjà un bon premier pas. « Il faut également se répéter qu’on est le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour soi», indique notre experte. En d’autres termes, écouter sa petite voix intérieure, c’est bien, à condition qu’elle soit celle de l’adulte que l’on est maintenant et non celle de l’enfant qu’on était.

6. Y penser mais ne jamais passer à l’action

Le message : « Rêve mais ne réalise pas ». Ce comportement inefficace s’exprime le plus souvent chez les individus qui rêvent leur vie. François Délivré le nomme "la marmotte".  Leur mantra ? « Puisque je risque de ne pas y arriver, à quoi bon me faire du mal ? ». C’est donc celui qui laisse tomber une tâche avant de l’avoir essayée, dans une logique de passivité. Il ne réalise jamais les objectifs qu’il s’est fixés pour parvenir à son rêve, car il ne le visualise pas concrètement.

L’antidote : « La tactique consiste ici à se dire que c’est en ne faisant rien qu’on n’y arrivera pas », explique la consultante. Se forcer à passer à l’action, se donner les moyens de réussir permet d’aller au-delà de ce comportement qui est parfois inconscient. Pour oser entreprendre, il est conseillé de demander du feedback à son entourage afin d’être encouragé à passer à l’action.

Perte de temps : les autres diablotins

"Le papillonne" : elle/il se disperse 

"Les pendules folles" : elle/il sous-estime les délais 

"Sois fort !" : elle/il vais au-delà de ses limites 

« Monsieur On » : elle/il dilue ses responsabilités

"Sancho Pança" : elle/il n’agit pas, par peur des responsabilités 

Un travail sur soi qui demande de la patience

Tous ces comportements peuvent se cumuler et donc provoquer une énorme perte de temps. Pour les déjouer, il n’y a pas de secret : il faut se répéter de manière quotidienne les antidotes, en particulier lorsqu’on se surprend en flagrant délit. « Jour après jour, on proposera ainsi à notre cerveau une autre manière de penser et de fonctionner, qu’il finira par accepter. Les paradigmes inefficaces feront ainsi place, après plusieurs semaines, aux paradigmes efficaces », explique Marie-Christine Lapierre.

Parfois, lorsque les croyances sont profondément ancrées ou très tenaces, ce travail sur soi ne suffit pas. L’hypnothérapie peut, par exemple, prendre le relais et aider les individus à se désensibiliser de leurs croyances d’enfance. Ils peuvent se libérer de ces diablotins et d’être de nouveau maître de leur temps.

Ecrit par
Aurélie Tachot
Journaliste spécialisée dans l'emploi, qu'elle aime aborder sous le prisme des innovations, qu'elles soient technologiques ou organisationnelles. Aurélie Tachot a été rédactrice en chef de plusieurs médias spécialisés.
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