Assistante indépendante : un métier dans l’air du temps

Christine HaracheManager Offre et Expertise assistanat et assistanat de direction Cegos

Vous en avez assez de travailler en entreprise ? Vous voulez être votre propre patron ? Le métier d’assistante indépendante est peut être fait pour vous.

Cette profession est dans l’air du temps. Selon une enquête récente, 30% des assistantes verraient dans les années à venir leur métier évoluer vers le statut d’indépendant. (Enquête Cegos/Euma « Radioscopie des assistantes » avril 2011.)

Je vous propose aujourd’hui de découvrir le parcours de Stéphanie Will qui travaille en indépendante depuis 3 ans.

Stéphanie a monté son agence SW&vous après une expérience en entreprise en CDD sur de gros projets.

Une activité de coordination de projet

L’assistanat indépendant consiste principalement en une activité de coordination de projet. Stéphanie travaille sur des projets business development et communication corporate, son expertise de base.

Elle assiste le plus souvent un chef de projet et une équipe assez nombreuse, puisque sa taille est au moins de 10 à 20 personnes.

Son rôle est d’assurer le lien entre des experts qui travaillent souvent de manière isolée et interviennent à des moments différents sur le projet.

Il lui faut pour cela avoir une vue d’ensemble du projet, de son contenu et des outils de gestion de projet. Elle anime la communication au sein de l’équipe projet à l’aide d’outils de travail collaboratif.

Au-delà de cette activité de coordination, elle est également un contributeur au projet et un producteur de contenus. Elle se doit d’alerter le chef de projet en cas de dérive, mais ne contente de remonter les problèmes : elle propose des solutions.

Pour que la collaboration fonctionne, il est indispensable pour elle de partager la vision du chef de projet. Une relation qualitative et valorisante qui repose sur beaucoup de transparence, de confiance et de confidentialité.

Précisons que l’assistanat indépendant n’a rien à voir avec le télé-secrétariat. Les télésecrétaires s’occupent principalement de suivi administratif, de gestion comptable ou juridique. Elles ont, de plus, une image de manque de sérieux à laquelle il faudrait que la profession remédie.

Un poste clé

L’assistante est le point central de l’équipe projet. Elle insuffle un esprit d’esprit, une ambiance de bonne humeur. Elle participe à la créativité collective lors des réunions d’équipe.

Des réunions qui d’ailleurs ne pourraient pas se faire sans elle. Elle est systématiquement présente autour de la table, même si son organisation personnelle doit en souffrir.

Des clients recrutés par le bouche à oreilles

80% des entreprises qui ont recours à l’assistanat indépendant sont de petites entreprises qui n’ont pas la capacité de gérer leurs projets en interne.

Le risque qu’elles prennent en confiant la gestion de leurs projets est important, d’où la nécessité pour elles d’avoir une pleine confiance dans le prestataire choisi. La meilleure source pour elles est encore le prestataire qui est recommandé par quelqu’un que l’on connait bien et qui se trouve dans la même situation. C’est pourquoi la vente des projets se fait pour Stéphanie par parrainage, par réseaux, de bouche à oreilles.

Les difficultés du métier

Tout d’abord, il faut vendre et vendre à bon prix. C’est la dimension commerciale du métier : il faut trouver des clients et défendre son prix. Pour que l’activité soit rentable, il est important de faire rentrer de grosses commandes portant sur des projets sur le long terme, de l’ordre de 18 mois. Ce n’est pas nécessairement facile de trouver des équipes qui ont conscience de l’intérêt de l’assistanat de projet. Il faut parfois longuement expliciter les bénéfices apportés au client.

Une fois le chantier vendu, il faut savoir faire sa place au sein de l’équipe projet. Cela demande beaucoup de savoir être, il est nécessaire de savoir manier autorité et douceur et surtout gagner la confiance. Stéphanie a suivi plusieurs formations de développement personnel pour être tout à fait à l’aise dans ce domaine incontournable.

Si c’était à refaire ?

« J’adore ce que je fais ! » déclare Stéphanie. « Dans mon activité, la frontière entre vie professionnelle et vie privée est floue et j’aime ça ! »

Elle n’était pas une créatrice d’entreprise née. L’idée de monter son agence lui est venue devant la difficulté à se faire recruter en CDI dans la communication avec un BAC +2. Et ce, malgré une expérience de gestion de gros projets menée en CDD.

La création de son agence lui a permis de s’affranchir du poids du diplôme, très présent dans la mentalité française. En effet, quand on vend une prestation à une entreprise, on est acheté pour le service que l’on vend, pas pour son diplôme. Le rapport avec l’entreprise est tout à fait différent de ce qu’il est lors d’un recrutement. Ce qui compte, c’est la qualité de ce que l’on propose et non son âge, son sexe, son diplôme ou son lieu d’habitation.

Christine Harache

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