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Améliorer la performance des formations et l’engagement de ses apprenants passe forcément par l’analyse des données d’apprentissage. Récoltées tout au long d’une formation, ces métriques constituent une opportunité de personnaliser davantage les parcours. À condition, toutefois, de les faire parler et de les rendre intelligibles. Comment analyser les learning analytics pour éclairer sa prise de décisions ? Éléments de réponses.
Commençons par définir les learning analytics ou données d'apprentissage. Elles désignent la mesure, la collecte, l'analyse et l'exploitation des données générées lors des parcours de formation. En formation professionnelle, ces données proviennent principalement des plateformes LMS (Learning Management System), des modules e-learning, des outils collaboratifs et des évaluations.
Transformer ces données brutes en insights actionnables pour améliorer l'efficacité pédagogique, personnaliser les parcours et optimiser le retour sur investissement des actions de formation.
Les outils digitaux utilisés au sein des parcours de formation génèrent des milliers de données. Trop souvent inexploitées, ces datas sont pourtant des mines d'or qui peuvent aider les professionnels de la formation à mieux adapter leurs contenus à leurs cibles. Et donc à rendre les parcours plus performants. « Étant donné les aléas économiques actuels, les entreprises sont de plus en plus regardantes sur l'efficacité des formations. Certaines s'intéressent par exemple à leurs données pour tenter de mesurer le retour sur investissement de leurs actions de formation », constate Carolina Gracia Moreno, Manager des offres Ingénierie Pédagogique et Efficacité Professionnelle chez Cegos.
D'autres raisons expliquent cet engouement pour l'analyse de données. Parmi elles : la généralisation des plateformes LMS, qui permettent de recueillir ces précieuses données, notamment le taux de complétion des activités pédagogiques par les apprenants. « La démocratisation des outils de visualisation encourage aussi les entreprises à s'emparer de leurs données de formation », explique-t-elle. Les solutions de Business Intelligence (B.I.) et les tableaux de bord interactifs sont désormais dans les mains des non-experts. Ces outils permettent notamment de récupérer automatiquement les données de formation issues du big data et de les rendre visuellement compréhensibles (via des graphiques, des tableaux…), simplifiant ainsi le suivi.
La bonne nouvelle, c'est qu'il est possible d'exploiter les données liées à la formation – qu'elles soient individuelles ou collectives – tout en respectant la législation sur la protection de la vie privée (RGPD).
Il est vain de vouloir exploiter efficacement l'ensemble des learning analytics disponibles. Mieux vaut suivre les données les plus stratégiques comme celles liées à la performance de la formation. Outre le nombre d'inscrits par session de formation, il est intéressant de se pencher sur le taux de complétion d'une activité pédagogique. Celui-ci porte sur le pourcentage d'apprenants terminant un module ou un cours en ligne, donc étant suffisamment intéressés pour aller jusqu'au bout.
Ce taux permet de savoir si le contenu rencontre véritablement les attentes des apprenants et si ces derniers sont actifs dans la réalisation des exercices proposés. Aucun standard reconnu n'existe en matière de taux de complétion. Cependant, l'expérience révèle que celui-ci est plus faible dans un parcours 100 % en e-learning que dans un parcours en blended-learning, qui mixe plusieurs modalités d'apprentissage.
« En e-learning, un bon taux de complétion c'est lorsque, sur 100 inscrits, 70 terminent leur parcours. À défaut, cela veut dire que la formation mérite des ajustements, qui ne sont pas forcément lourds. Le parcours peut par exemple être redécoupé différemment, la distribution de la formation peut davantage basculer en présentiel, des actions de mentorat ou de tutorat peuvent être ajoutées… », illustre Carolina Gracia Moreno.
Le taux de complétion – qui est différent si la formation suivie est obligatoire ou non – en dit également long sur l'engagement des apprenants. Tout comme d'autres données, qu'il est également intéressant d'exploiter dont leur participation aux forums de discussion, (via un volume d'interactions, par exemple), le nombre de questions posées en ligne au formateur…
L'un des avantages de l'analyse de l'apprentissage, c'est qu'elle permet de rapidement rectifier le tir lorsque plusieurs indicateurs laissent entendre qu'une formation est trop ambitieuse ou qu'un groupe d'apprenants est en situation d'échec, par exemple. Et pour cause : les données sont recueillies en temps réel tout au long du parcours.
Dans une formation, notamment à distance, les tests de connaissances sont très fréquents. Ainsi, il est relativement facile, pour les enseignants qui ont accès aux résultats, d'agir. S'ils voient que leurs apprenants ne sont pas en situation de progression, ils peuvent offrir un accompagnement personnalisé à ceux qui sont en difficulté, ajouter des ressources complémentaires, préconiser des séances de coaching, réallouer d'autres ressources…
L'analyse de l'apprentissage en temps réel est alors au service de la personnalisation des parcours de formation. Ce pilotage en temps réel modifie la posture des formateurs. Éclairés par ces données, les formateurs peuvent être force de propositions concernant les ajustements à réaliser en salle de classe ou à distance.
C'est un outil puissant pour renforcer sa posture de coach auprès de ses apprenants. Lorsqu'un apprenant est sur la bonne voie, le formateur, ou la formatrice, peut par exemple le féliciter et ainsi doper son engagement. À l'inverse, lorsque des apprenants voient leur courbe de progression stagner, les enseignants peuvent lui envoyer des messages personnalisés d'encouragement, pour éviter qu'ils baissent les bras.
À l'issue des formations, il est fréquent que les entreprises (ou leurs partenaires de formation) envoient, à leurs apprenants, des enquêtes de satisfaction. Ces questionnaires permettent notamment de recueillir l'avis des apprenants sur l'utilité de la formation.
« Il est également intéressant de leur demander s'ils recommanderaient la formation afin de générer un « Net Promoter Score » (NPS), qui est un indicateur particulièrement intéressant à suivre », explique Carolina Gracia Moreno. Ici aussi, il est difficile de donner une moyenne, chaque parcours de formation ayant des objectifs différents.
L’apprenant répond sur une échelle de 0 à 10, mais la donnée NPS va de –100 à +100. Plus il est haut, plus il y a de promoteurs (notes 9–10) que de détracteurs (0–6). La grille la plus utilisée est la suivante :
Note : au-dessus de 20 = bon, au-dessus de 50 = très bon.
En résumé, un NPS n’est pas juste un KPI "de vitrine". L’entreprise Bain & Company, à l’origine du NPS, insiste sur l’usage en pilotage d’expérience et sur la comparaison avec des benchmarks pertinents. Par exemple :
Pour évaluer l'efficacité réelle d'une formation, il est également important d'exploiter les datas recueillies en situation de travail. L'enjeu est ici de savoir si la formation suivie par les apprenants a généré de nouveaux comportements une fois en poste. Sonder les apprenants sur le sujet quelques semaines après leur formation est une bonne approche, « même si l'auto-déclaratif présente forcément des limites ».
D'où l'intérêt de croiser cette auto-évaluation avec une évaluation par les pairs. « C'est l'option choisie par l'un de nos clients : le groupe Aston Martin. Après avoir formé ses cadres au leadership, Cegos a déployé un outil permettant d'évaluer, par les pairs, le comportement des leaders en situation de travail. Cette approche a permis au groupe de recueillir de nombreuses données sur les compétences acquises par les apprenants », illustre-t-elle.
Or, c'est précisément ce qu'attendent les entreprises : pouvoir tracer la montée en compétences de leurs salariés. C'est aussi un argument de poids pour les responsables formation : apporter, au Codir, des données tangibles sur l'impact d'une formation leur permet, par exemple, de négocier des budgets plus importants.
Il existe aujourd'hui de nombreux outils boostés à l'intelligence artificielle – comme ceux de business intelligence – qui permettent aux professionnels de la formation d'analyser les volumes massifs de big data qu'ils recueillent et de les rendre intelligibles.
ChatGPT, qui est d'ores et déjà entre les mains des formateurs, fait partie de ceux-là. « Avec de bons prompts (voir encadré), il est par exemple possible de demander à ChatGPT d'analyser les enquêtes de satisfaction des apprenants et de suggérer une nouvelle modalité pédagogique en phase avec les retours des apprenants », illustre Carolina Gracia Moreno.
Par ailleurs, l'intelligence artificielle peut aussi faciliter l'ancrage des connaissances dans le flux de travail. « Il existe par exemple des tuteurs intelligents qui suggèrent des mini-exercices avec une correction en temps réel aux ex-apprenants, leur permettant ainsi d'ancrer leurs connaissances durablement.
Ces solutions d'accompagnement personnalisé, pilotées par l'IA, analysent en continu les données d'apprentissage pour s'adapter au profil de chaque apprenant », conclut-elle.
Rôle : Tu es un(e) ingénieur(e) pédagogique expert(e) en analyse de la voix apprenant et en design de modalités blended/hybrides, avec une maîtrise des exigences Qualiopi.
Contexte : Tu dois faire évoluer une offre de formation existante à partir d’enquêtes de satisfaction apprenants (données quantitatives et verbatims), en restant réaliste et conforme Qualiopi.
Objectif :
Tâches :
Données à fournir :
Contraintes :
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