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Les compétences de leadership d'un manager ne se résument pas à son charisme ni à son ancienneté. En effet, dans un contexte marqué par l'accélération des transformations (intelligence artificielle, instabilité géopolitique et nouvelles attentes des collaborateurs), ces critères ne suffisent plus : les managers doivent aussi développer des aptitudes pour guider leurs équipes avec impact au sein d'environnements complexes. Mais alors, quelles sont les compétences clés d'un bon leader aujourd'hui ? La réponse repose sur un socle de soft skills et de compétences managériales combinant intelligence émotionnelle, communication assertive, adaptabilité, écoute active et capacité à fédérer. Le tout ancré dans une posture d'exemplarité et avec une conscience de soi affirmée. Catherine Jacquet, experte Cegos en Management, Leadership et RSE, décrypte ces prérequis pour vous.
Selon Catherine Jacquet, un manager leader efficace doit développer plusieurs compétences prioritaires pour guider ses équipes :
Le leadership se définit comme la capacité d'un individu à inspirer, motiver, guider et fédérer des collaborateurs autour d'une vision commune, quelle que soit sa position hiérarchique. Contrairement au management, qui s'appuie sur la gestion opérationnelle et les objectifs fixés, le leadership agit sur la dimension humaine : il crée de l'engagement, donne du sens et embarque les équipes dans une dynamique collective.
Au sein d'environnements complexes bouleversés par de nombreuses transformations, le leadership reste un levier incontournable. Un bon leader se reconnaît à son impact direct sur les équipes : il génère de la confiance, développe la performance collective et accompagne le changement avec authenticité.
Les 3 fonctions essentielles du leader en entreprise :
Il n'existe pas de style de leadership idéal. Un manager leader efficace est un caméléon stratégique : il adapte son style selon le contexte, la maturité de l'équipe et la phase du projet. C'est ce qu'on appelle le leadership situationnel, qui est l'une des compétences managériales les plus recherchées aujourd'hui.
| Style de leadership | Contexte d'utilisation | Posture clé |
|---|---|---|
| Directif | Urgence, restructuration, équipe débutante | Cadre clair, décisions rapides |
| Participatif | Co-construction, fidélisation, projets complexes | Écoute active, intelligence collective |
| Transformationnel | Changement culturel ou digital profond | Vision inspirante, engagement émotionnel |
| Servant leadership | Équipes autonomes, culture de confiance | Service du collectif, développement des talents |
| Agile | Environnements incertains, innovation continue | Souplesse, amélioration continue, co-construction |
Mais alors, comment choisir son style ? Le choix dépend du degré d'autonomie des collaborateurs, du niveau de crise et des objectifs à atteindre. Un bon leader sait passer d'un style à l'autre selon les circonstances.
Tout bon manager doit développer un certain nombre de compétences de leadership incontournables :
Ces compétences de leadership se développent dans la durée, par l'expérience, le feedback et la formation. Elles constituent le socle d'un leadership efficace, quel que soit le secteur ou la taille de l'organisation.
Ces deux notions sont souvent confondues, pourtant elles recouvrent des réalités bien distinctes.
Un manager peut ne pas être un leader, et à l'inverse, un leader peut exercer son influence sans autorité hiérarchique : c'est d'ailleurs souvent le cas des managers transversaux. Le rôle du manager leader de demain est précisément de maîtriser ces deux dimensions : la rigueur de gestion et la capacité à embarquer les collaborateurs dans une dynamique collective. Le leadership se mesure donc à l'impact qu'on a sur les autres, car un bon leader, c'est une personne suivie pour ses idées et ses actions, par adhésion volontaire.
Avoir de l'influence, ce n'est pas faire de la manipulation : c'est surtout susciter l'engagement de ses collaborateurs pour obtenir leur confiance et leur implication. L’« executive presence » (que l’on traduit par « présence exécutive »), est une notion issue des travaux de recherche de l’économiste anglaise Sylvia Ann Hewlett. Cette compétence essentielle va de pair avec l’influence. Il s’agit de la capacité à faire en sorte que les autres se fient à votre jugement, se sentent rassurés par vos paroles et vos actes, et vous suivent lors des moments de tension. Bien plus que d’avoir du charisme, de parler fort ou de s’appuyer sur son ancienneté, c'est plutôt un signal que l’on envoie et qui fait dire aux autres : « C’est la bonne personne pour gérer la situation ».
Les parcours de formation professionnelle doivent s’ouvrir à cette forme de progression et de montée en compétences qui passe par l'expérience, le feedback et la réflexion. Surtout pour les personnes qui doivent pouvoir exercer leur influence sans autorité hiérarchique, comme les managers transversaux ou les chefs de projets. Avec des dispositifs adaptés, les leaders seront ainsi mieux équipés pour fédérer leurs équipes, y compris dans des situations complexes et imprévisibles.
Aujourd’hui, le monde du travail est impacté par des changements de plus en plus rapides. Dans ce contexte, le courage est devenu une compétence fondamentale pour les leaders. Le courage managérialne se résume pas à la prise de risques. Cette qualité requiert surtout du discernement, une bonne compréhension des enjeux business et une capacité à créer de la valeur. Un leadership fort repose sur des analyses claires et des actions qui ont du sens : par exemple miser sur la performance collective et instaurer un sentiment de responsabilité partagée au sein des équipes. A l'inverse, un leadership faible peut avoir des conséquences négatives sur leur motivation.
Les formations ciblées sur la thématique du leadership ne doivent alors pas se cantonner aux techniques de prise de décision. Elles doivent aider les profils de leaders à acquérir l'assurance nécessaire pour agir sans attendre qu’on leur en donne la permission.
Un leadership fort peut notamment être caractérisée par la capacité à élaborer une vision inspirante. Mais pour y parvenir, il est indispensable d'adopter une démarche prospective. Les leaders doivent effectivement savoir analyser les tendances, comprendre le lien entre leur mission et la stratégie de leur organisation, mais surtout anticiper les enjeux à venir. En bref, le leadership prospectif nécessite d’adopter une vision à long terme tout en restant ancré dans les réalités opérationnelles du moment.
Le « design fiction »est notamment une solution efficace pour développer ce type de compétence. Cette approche permet de se projeter dans un futur imaginaire afin de travailler à partir de différents scénarios, positifs ou négatifs, pour tester plusieurs types de plans d'action et nourrir la réflexion. De quoi aider les dirigeants à avoir confiance en leur vision et renforcer leur capacité à la partager, afin d'aligner et de fédérer les équipes.
La prospective permet aussi d'identifier quel style de management est le plus adapté selon la maturité de l'équipe, la phase du projet ou le niveau de crise de l'organisation. En effet, un leader efficace n'adopte pas un style unique et figé : il existe différents styles de leadership et chacun répond à des contextes précis. Le leadership situationnel, c'est justement cette capacité à passer d'un style à l'autre selon les circonstances, qui est l'une des aptitudes les plus recherchées chez les managers leaders de demain.
Toutefois, de nombreux mécanismes d'influence s'exercent au sein des organisations, et il est important que les managers en aient conscience. Concrètement, certains profils de leaders usent parfois de techniques controversées consistant à influencer les comportements par la pression sociale, les normes ou le cadrage émotionnel. Il est nécessaire de le savoir pour pouvoir faire ses choix de façon éthique et responsable. C'est pourquoi les parcours de formation sont aussi conçus pour aider les managers à développer leur esprit critique et pour leur permettre d'exercer leur influence de façon responsable, tout en préservant la confiance de leurs équipes.
Comme nous l’avons vu, l'influence, le courage et la vision sont devenus des compétences essentielles pour être un bon leader. Cependant, aucune de ces compétences ne peut se développer efficacement sans conscience de soi. Les managers qui manquent de lucidité sur eux-mêmes peinent souvent à écouter, rejettent les points de vue divergents et évaluent mal l'impact de leur comportement. Une telle attitude peut rapidement altérer leur crédibilité et la confiance que leurs équipes leur accordent.
La conscience de soi se développe par l'écoute active, par l'ouverture d'esprit, par l'ouverture au feedback et par la volonté d'accepter la réalité plutôt que de se fier uniquement à sa propre interprétation. De quoi créer un climat de confiance au sein des équipes. Cette compétence est particulièrement importante pour les hauts dirigeants, dont les choix ont un impact direct sur la performance collective, mais elle l'est tout autant pour les managers transversaux, qui doivent faire preuve d'une forte adaptabilité face à des contextes changeants.
La conscience de soi est indispensable pour assurer l'empathie et une communication efficace. Un manager qui se connaît bien sait adapter son discours, gérer ses réactions émotionnelles et créer des relations de confiance durables avec ses collaborateurs. C'est ce qui distingue les compétences managériales superficielles d'un véritable leadership durable, fondé sur l'apprentissage continu et la remise en question régulière de ses pratiques.
Pour aller plus loin, découvrez comment développer son leadership tout au long de sa vie professionnelle, et ce qui distingue concrètement managers et leaders dans les organisations d'aujourd'hui. Retrouvez aussi les 7 qualités essentielles pour être un bon leader selon nos experts. Les managers y apprennent à exercer leur influence avec intégrité, à agir avec courage et à formuler des approches claires et éthiques, mais aussi à instaurer un climat de confiance avec leurs équipes et interlocuteurs, ce qui stimule l'engagement et la motivation.
Un bon leader doit maîtriser :
Ces compétences managériales articulent soft skills (empathie, communication, dimension humaine) et compétences techniques (organisation, pilotage, conduite du changement). C'est leur combinaison qui fait un manager leader crédible et inspirant.
Le développement du leadership se construit dans la durée, à travers l'expérience terrain, le feedback régulier et des approches favorisant la réflexion (prospective, introspection, design fiction). Solliciter un coaching professionnel ou un mentoring est également un levier puissant pour progresser dans sa posture de leader.
On retrouve généralement : la vision (donner une direction claire et partagée), la confiance (créer un climat de confiance sincère avec ses équipes), le courage (prendre des décisions difficiles et les assumer), et l'exemplarité (aligner ses valeurs et ses actes au quotidien). Ces 4 piliers sont interdépendants et se renforcent mutuellement.
C'est la capacité à inspirer confiance, à fédérer et à rassurer les équipes en cas de crise, sans imposer son autorité. Tirée des travaux de l'économiste Sylvia Ann Hewlett, cette notion désigne un signal fort envoyé par le leader, incitant à penser que c'est la bonne personne pour gérer la situation.
Il consiste à sortir de sa zone de confort, à prendre des décisions difficiles et à en assumer pleinement la responsabilité. Il exige du discernement, une vision business claire et la capacité à agir sans attendre la permission — même face à l'incertitude.
Nous aidons les managers à développer leurs talents de leaders avec des formations inter. La formation « Manager : développer son leadership » (2 jours, référence 1910), ou l'atelier « Les 6 compétences du manager-leader » (1 jour, référence 9495) sont particulièrement bien adaptés. Nous pouvons aussi créer des formations sur-mesure, en lien avec les enjeux et le contexte de vos équipes.
Oui, c'est le cas de Renault Retail Group qui a créé avec Cegos le programme « Leadership et confiance » pour 800 dirigeants et managers en Europe. Ce dispositif a permis aux apprenants de prendre du recul par rapport à leur quotidien et de questionner leurs habitudes et rituels managériaux.
Cet article de Catherine Jacquet, Directrice de projet et spécialiste du Management, du Leadership et de la RSE chez Cegos, a été publié pour la première fois en anglais sur le site de Training Industry et sur cegos.com.
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