Leadership au féminin : effet de mode ou nécessité ?

Virginie Tilhet-CoartetConsultante cheffe de projet Cegos

Quand j’évoque l’animation d’ateliers féminins de développement du leadership, on m’interroge : « Ah oui, les femmes ont droit à une formation spécifique au leadership ? », « et pourquoi pas les hommes ? ». Bien souvent ce thème fait sourire, agace, suscite de l’étonnement ou de l’envie chez les hommes… et aussi chez les femmes.

Alors quelle est au fond la raison d’être de ces ateliers, de ces programmes de développement du leadership féminins ?

Leadership féminin

© Shutterstock

Leadership féminin versus leadership masculin ?

En accompagnant et formant des managers et des dirigeants, j’ai acquis la conviction qu’il n’y avait pas de leadership féminin ou masculin, qu’il n’existait pas une façon typiquement féminine ou particulièrement masculine de diriger ou que les hommes auraient plus de capacités à entraîner leurs équipes autour d’une vision, d’un projet que les femmes.

Il y a en revanche sans doute des qualités et des valeurs dites féminines comme la bienveillance, l’empathie, la coopération que nous associons au leadership féminin, peut-être à tort ! Et qui sont du reste de vrais atouts dans un environnement complexe et incertain. Et bien entendu il y a des codes en entreprise qui ont souvent été pensés au départ par des hommes et pour les hommes qu’il faut connaître et savoir utiliser.

Des programmes pour elles car rien n’est acquis en matière d’égalité

Aujourd’hui les disparités se réduisent, les responsabilités des femmes augmentent et le « plafond de verre » commence à se fissurer mais l’écart de salaires entre les hommes et les femmes en France reste en moyenne à 27%. Et comme l’indique Brigitte Grésy, auteur de référence sur ces sujets, pour le Baromètre de l’Équilibre des temps et de la parentalité en entreprise : 82% des femmes ayant au moins un enfant déclarent manquer de temps au quotidien versus 71% de salariés. Et puis, si elles ont des responsabilités, elles ne sont encore que 11% à occuper de postes de direction.

Les raisons à cela s’expliquent par un héritage politique, économique et social, par un contexte, mais aussi des stéréotypes difficiles à bouger ou simplement des représentations mentales un peu figées qui perdurent chez les hommes et les femmes.

On ne naît pas leader, on le devient

Pour toutes ces raisons, des ateliers ou des programmes de formation et d’accompagnement sont plus que jamais utiles pour permettre à des femmes et à leurs entreprises de briser ce célèbre  « plafond de verre ». Pour de nombreux dirigeants, la mixité est même une des conditions de la performance économique et de l’innovation, fruit de l’échange et de la diversité. Beaucoup d’organisations ont signé des accords sur l’égalité professionnelle femmes/hommes et des chartes en ce sens. Et les progrès passent aussi par des programmes de développement du leadership qui facilitent la prise de conscience et le changement de représentations.

Je fais partie de celles et ceux qui pensent que le leadership n’est pas inné. Un certain nombre de qualités le sont peut-être mais de nombreuses compétences s’acquièrent et se renforcent aussi. Gagner en impact dans sa prise de parole, développer son influence, prendre toute sa place, apprendre à se mettre en valeur en parlant de ses réussites, gérer les objections, c’est ce à quoi les femmes s’entraînent dans les ateliers que nous concevons pour nos clients.

Le leadership se fonde aussi sur la conscience de soi, la confiance en soi et en les autres. Dans ces ateliers, les femmes prennent le temps de mieux se connaître, d’identifier leur mode de fonctionnement, leurs aspirations profondes pour aborder la relation avec leur environnement de façon positive.

Enfin l’objectif de ces séminaires, ateliers ou programmes courts ou plus longs dans la durée est multiple.  Permettre aux participantes de prendre de la hauteur, d’élargir leur perception, d’écouter le témoignage d’autres femmes de tous âges, d’autres parcours dans des domaines d’activités différents, de s’inspirer les unes des autres, d’inventer le style de leadership  tout en constituant ou en renforçant leur réseau. Le réseau est reconnu comme un réflexe masculin naturel, alors que les femmes leaders ont encore à accepter de le développer, d’être visibles et influentes et pas seulement pour d’autres femmes.

La parité gage de réussite

Pour reprendre confiance en soi, partager ses doutes, ses espoirs et ses ambitions, la « sororité », le fait de permettre une parenthèse dans le temps entre femmes est indispensable pour oser davantage, avoir une liberté de ton, tomber les masques, être authentique.

Mais les séminaires de « leadership pour elles » ne peuvent s’imaginer sans le masculin :  managers, dirigeants,  pairs,  mentors... les sponsors de ces programmes pour lesquels tout n’est pas si simple et qui ont aussi à gagner dans l’enjeu de la parité.

 

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Ecrit par
Virginie Tilhet-Coartet
Au sein de Cegos depuis 2011, Virginie Tilhet Coartet est consultante cheffe de projet en Management, Leadership et RSE. Elle accompagne managers et dirigeants d’entreprises et du secteur public dans le développement de leurs compétences, de leur potentiel et de leur bien-être. En formation, conseil ou coaching, elle aime faciliter et encourager le changement de regard, de modes de pensée et de postures par des pédagogies créatives.
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